Kolwezi : quand les habitations reculent face aux mines
A Kolwezi, la capitale du Lualaba, au sud de la RDC, un phénomène tragique se déroule sous nos yeux. Les habitations de certains quartiers, jadis symbole de prospérité et de vie, s’effacent progressivement du cadastre, chassées par l’avancée inexorable des mines.
Kolwezi, une ville minière qui baigne dans la pauvreté. Ici, une vue partielle de la cité Gécamines
A la recherche de l'or bleu (le
cuivre et le cobalt), des milliers de creuseurs artisanaux transforment peu à
peu des quartiers résidentiels en véritables carrières. Kasulo, autrefois
quartier résidentiel de la commune de Dilala, jadis paisible, est aujourd'hui
le théâtre d'une exploitation minière effrénée qui menace l'intégrité des
habitations. Les maisons, qui abritaient jadis des familles, ont été
englouties par des trous profonds creusés par des jeunes à la recherche de
minerais. "Ma maison s'est effondrée après avoir été rongée dans le
sous-sol", déclare Léon Kashak, ancien résident de Kasulo, inquiet de ce phénomène
qui se déroule sous ses pieds.
Devenu locataire dans un quartier voisin, cet ancien enseignant
dans une école de cette ville qui "appartient à la mine" revient
chaque jour sur les lieux de son ancienne vie, espérant récupérer une part des
minerais extraits de sa parcelle. Kashak a convenu avec les creuseurs
d'un partage des bénéfices : 40% pour lui, 60% pour les exploitants. Mais cette
précarité ne lui permet pas de retrouver un nouveau chez-soi. "Le peu que
je gagne après la vente de mes colis va dans d'autres dépenses. La production
tend à sa fin, et je n'ai même pas un terrain", déplore-t-il.
A quelques kilomètres, la cité Gécamines, l'entreprise qui porte le surnom de la "mangeuse de cuivre", est en train de devenir un vestige d’un
passé révolu. La cité, qui s'étend sur quelque
102 hectares, subit également les ravages de l'exploitation artisanale. Les
éboulements de terres sont fréquents, et chaque jour, de nouvelles habitations
disparaissent. "Il y a plus de deux
cent mille creuseurs artisanaux dans le Lualaba, errant sans concession à
exploiter, car tout a été vendu aux expatriés",
alerte Lucien Tambwe. Ce responsable d'une coopérative minière de la
place craint que Kolwezi ne se transforme en une vaste carrière, où même les
maisons pourraient devenir des sites d'exploitation. "C'est une menace à ne pas prendre à la légère. Les
dirigeants doivent encadrer ces jeunes en leur fournissant des zones d'exploitation
artisanale pour éviter le pire."
Jadis un quartier complètement résidentiel, Kasulo est devenu presqu'entièrement un carré minier
En fait, la cité
Gécamines a été érigée dans les années 1930 pour
loger les travailleurs de l’Union minière du Haut-Katanga (UMHK), les
ouvriers attirés par les richesses minérales de la région. À l’époque coloniale,
ces maisons représentaient un espoir, un foyer pour ceux qui œuvraient dans
l'industrie extractive. Depuis l’indépendance en 1960, et quelques années plus
tard lorsque l’UMHK a été rebaptisée Gécamines, les choses ont changé, mais
l’essence de l’activité est restée la même : racler, creuser, trier la terre
pour en extraire le cuivre et le cobalt. Les actions de l’entreprise ont changé
de mains, les moyens industriels ont évolué, mais la réalité demeure implacable
pour les familles vivant sur ces filons. Les habitants se retrouvent
aujourd'hui à la merci des engins de forage, témoins impuissants d’un avenir
incertain.
A Kolwezi, la ville et ses habitants semblent appartenir à la
mine, et non l’inverse. La capitale mondiale du cobalt, indispensable à la
fabrication des batteries électriques, a vu sa population croître rapidement,
mais avec cette croissance, est aussi venue une précarité grandissante. Les mines, qui
devraient être des sources de richesse, se transforment en cauchemar pour les
résidents. Les habitations sont déplacées, et le paysage urbain se transforme
en une vaste zone d’exploitation. Et les richesses du sous-sol ne profitent pas à ceux
qui vivent au-dessus, mais alimentent plutôt un cycle d’exploitation qui semble
sans fin.
Les histoires de familles chassées de leurs maisons sont
nombreuses. Des générations ont vécu dans ces endroits (quartier Kasulo, cité Gécamines, quartier 5 ans, etc.), mais aujourd’hui,
elles se retrouvent sans abri, souvent reléguées à la périphérie de la ville,
dans des conditions de vie précaires. Les enfants jouent au milieu des
décombres, tandis que les parents cherchent désespérément un moyen de
subsistance.
Alors que les mines continuent d’avancer, la question se pose :
quel avenir pour Kolwezi et ses habitants ? Face à cette crise, le ministre
provincial des Mines assure que des sites sont prévus pour les creuseurs
artisanaux. "Nous devons transformer
ces sites en mines à ciel ouvert et ouvrir des routes pour leur permettre de
travailler dans de meilleures conditions."
Cependant, cette promesse semble lointaine pour ceux qui sont déjà engagés dans
l'exploitation. Les creuseurs, impatients et désespérés, peinent à croire aux
promesses du gouvernement. La réalité est que, pour beaucoup, la survie passe
par l'exploitation immédiate des ressources, même si cela signifie sacrifier
leur propre habitat.
Et les promesses des autorités et des entreprises minières de
développement et de compensation semblent souvent creuses face à cette réalité
du terrain. Les creuseurs artisanaux, qui cherchent à survivre dans cette
économie de l’extraction, sont eux aussi pris au piège d’un système qui les
exploite. La cité Gécamines par exemple, autrefois symbole de la prospérité, est
aujourd'hui le reflet d'une lutte inégale entre l'homme et l’outil d’extraction
de minerais, entre le besoin de survie et la voracité d'une activité qui ne
connaît pas de limites.
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